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GTB et décret BACS
Du périmètre technique au projet d’installation

Dossier technique GTB

Étude de dérogation BACS : données et justificatifs

Mis à jour le · Rédaction Pilotage Bâtiment

Une dérogation économique BACS ne se déduit ni d’une impression de coût élevé ni d’un calcul commercial sommaire. Le propriétaire doit disposer d’une étude répondant au texte applicable. L’article R. 175-2 du CCH, version en vigueur prévoit cette possibilité et l’arrêté du 7 avril 2023 : étude et inspection BACS fixe les modalités de calcul. Le simulateur du site explore un scénario de retour simple ; il ne constitue pas cette étude.

Définir le périmètre avant le calcul

Identifiez le système qui déclenche l’examen : chauffage, climatisation et ventilation combinée le cas échéant. La FAQ ministérielle 20, publiée le 13 juin 2025, distingue la méthode pour le neuf et pour l’existant. La FAQ ministérielle 21, publiée le 13 juin 2025, apporte une clarification sur le raccordement des autres usages lorsque les systèmes principaux ne conduisent pas à l’assujettissement selon l’étude. Cette séquence ne doit pas être remplacée par un calcul sur la facture globale du bâtiment.

Demandez au rédacteur de l’étude un schéma et une liste des équipements retenus. Les éléments exclus doivent être motivés. L’éclairage, l’eau chaude sanitaire ou la production sur site peuvent nécessiter un examen distinct selon le cas. Une conclusion portant sur le seul chauffage ne doit pas être étendue au refroidissement sans analyse. Le dossier explique chaque étape et les pièces utilisées.

Rassembler des devis adaptés

L’annexe 1 de l’arrêté demande au moins deux devis réels et le choix du coût le plus faible dans le périmètre défini. Ces devis ne doivent porter que sur le périmètre de l’obligation et comporter la mention prévue par l’arrêté (devis émis uniquement au regard de l’obligation des articles R. 175-1 à R. 175-5-1 du CCH). Un prix indicatif, un catalogue ou une offre intégrant des prestations étrangères à l’obligation ne remplace pas cette base.

Pour consulter les candidats, fournissez le même inventaire et précisez l’objet de l’étude. Séparez les extensions de confort ou les fonctions supplémentaires du coût retenu pour le calcul. Conservez les devis dans leur version reçue et demandez une correction écrite si leur périmètre n’est pas comparable. Une recomposition faite par l’acheteur sans accord du professionnel fragilise la traçabilité du dossier.

Documenter les consommations

La méthode réglementaire applique à la moyenne des consommations des deux dernières années un gain de 15 %, sauf gain estimé par un audit énergétique ou par la méthode simplifiée de la norme EN ISO 52120-1. La FAQ officielle traite notamment les deux dernières années, les travaux récents et les années sans occupation. Identifiez la provenance des données et les limites de mesure. Le rédacteur doit expliquer les corrections ou estimations autorisées qu’il utilise ; il ne suffit pas de choisir l’année la plus défavorable au projet.

Séparez les énergies et les systèmes concernés. Si les factures englobent d’autres usages, expliquez comment la part retenue est déterminée. Un compteur absent doit conduire à une méthode justifiée, pas à une attribution arbitraire. Conservez les relevés, les périodes et les unités. La différence entre une énergie finale en kWh et une dépense en euros doit rester explicite dans le tableau.

Prendre les aides en compte

L’étude doit examiner les aides possibles selon la méthode officielle. Un projet ne peut pas être déclaré non rentable en ignorant une aide applicable, ni artificiellement rentable avec une prime non documentée. Demandez l’offre de financement, la version de la fiche CEE et les conditions d’engagement. Le montage commercial du prestataire et le calcul réglementaire doivent être reliés par des pièces vérifiables.

Les aides changent avec les dates et les conditions de l’opération. Le dossier doit préciser ce qui est confirmé et ce qui reste une hypothèse. Faites réexaminer le calcul si une condition de financement change avant l’engagement. Ne présentez pas une offre « financée » comme une garantie d’acceptation du dossier. Les contrôles CEE et la dérogation BACS ont des objets différents.

Lire le résultat avec sa méthode

L’arrêté décrit un temps de retour arrondi à l’entier supérieur et un critère d’absence de rentabilité strictement supérieur à dix ans. L’article du code utilise sa propre formulation autour du retour inférieur à dix ans. Selon l’arrêté et la FAQ ministérielle 20, un TRI de 10 ans exactement (y compris 9,1 ans arrondi à 10) n’établit pas l’absence de rentabilité : celle-ci suppose un TRI arrondi d’au moins 11 ans. Le rédacteur de l’étude motive ce point au regard de la formulation de l’article R. 175-2.

Demandez une page de synthèse indiquant la formule, les données, le périmètre et les références. Elle doit renvoyer aux pièces du dossier. Une feuille de calcul sans unités ou sans source de consommation ne permet pas de relire la conclusion. Faites apparaître les alternatives étudiées, notamment une reprise partielle de l’existant si elle satisfait les fonctions avec un coût différent.

Prévoir une revue du dossier

Le bâtiment peut évoluer : remplacement de production, changement d’usage, nouvelle aide ou rénovation. Ces changements peuvent affecter les hypothèses. Définissez avec le professionnel les événements qui nécessitent une revue. Le site ne fixe pas une durée universelle de validité de l’étude ; la pertinence des données doit être réexaminée lorsque le contexte technique ou économique change.

Par exemple, un propriétaire possède un devis de modernisation complet et une estimation de consommation. Il peut demander deux propositions limitées aux fonctions du périmètre BACS, puis faire préciser la méthode de consommation par système. Cette étape évite de tester la rentabilité d’un ensemble d’options sans rapport avec l’obligation. Elle ne présume pas du résultat final de l’étude.

Classer les pièces pour une relecture

Organisez le dossier par versions : inventaire, plans, consommations, devis, aides et note de calcul. Chaque pièce doit être datée et attribuée à sa source. Une correction doit expliquer la donnée remplacée et la raison. Cette organisation facilite la discussion entre le propriétaire, le gestionnaire et le professionnel chargé de l’examen, sans obliger chacun à reconstruire l’historique des échanges.

La demande de devis sur le site peut signaler un besoin d’étude, mais elle ne doit pas recevoir les secrets du système ni l’ensemble des documents internes. Le prestataire précise un canal de transmission après la mise en relation. Décrivez d’abord le bâtiment, les puissances connues et les documents disponibles. Indiquez les informations incertaines au lieu de chercher à obtenir un verdict immédiat.

Séparer l’étude d’une décision d’achat

Une dérogation économique documentée ne signifie pas qu’une GTB serait toujours inutile. Un propriétaire peut vouloir améliorer les horaires, disposer d’historiques ou moderniser une supervision obsolète. Ces objectifs commerciaux doivent être étudiés avec leurs propres coûts et bénéfices. Ne mélangez pas ces fonctions supplémentaires au calcul de l’obligation sans expliquer la séparation des périmètres.

À l’inverse, un retour simple attractif ne démontre pas que toutes les fonctions requises seront installées. Demandez aussi l’analyse fonctionnelle et les conditions de réception. Le professionnel doit montrer ce que le devis livre et comment cela sera vérifié. La décision d’achat combine le périmètre légal examiné, la faisabilité technique et les conditions contractuelles, avec les limites de preuve de chaque document.

Questions pratiques

Le calculateur délivre-t-il une exemption ?

Non. Il utilise vos hypothèses de coûts et d’économies pour un retour simple, sans appliquer l’ensemble de la méthode réglementaire ni valider les pièces.

Un seul devis suffit-il à l’étude ?

L’annexe 1 de l’arrêté prévoit au moins deux devis réels dans son périmètre. Demandez au rédacteur de vérifier les mentions et les modalités applicables.

Que faire avec un résultat proche de dix ans ?

Appliquez l’arrondi à l’entier supérieur : seul un TRI arrondi d’au moins 11 ans établit l’absence de rentabilité selon l’arrêté. Faites vérifier les données et les devis par le rédacteur de l’étude.

Pages pour préparer la décision

Sources officielles et documents de référence

Références consultées le 1er octobre 2026.